Florian Vermeersch : “Les U23 Road Series vous apprennent le métier”

Alors que les U23 Road Series sont sur le point de débuter, c'est l'occasion de jeter un coup d'oeil dans le rétrouviseur. On revient sur la toute première édition en 2019 qui avait vu Florian Vermeersch s'imposer au bout du suspens lors de l'ultime manche à Wanfercée-Baulet. « Je me souviens très bien de cette période. Un super challenge pour les Espoirs avec de belles épreuves. Avec Lotto-Soudal, on avait pris beaucoup de plaisir sur ces courses. »

Cette saison 2019 était la première saison sur route complète de Florian Vermeersch, laissant ainsi de côté les labourés où en Juniors, il avait terminé à la 4e place du Championnat d’Europe 2015 puis avait obtenu de nombreux Top 10 sur des manches de Coupe de Monde. Un choix qui va s’avérer payant.  Absent de la première manche à Bruxelles-Opwijk, il ouvrait son compteur au Grand Prix Tombroek à Rollegem. « Il y avait beaucoup de vent ce jour-là. C’est Jordi Meeus qui gagne devant Jarne Van de Paar. Je suis sorti dans le dernier tour dans un petit groupe avec notamment Tom Paquot et Gordon De Winter pour faire 10e. »

Lors du Grand Prix Arjaan De Schipper en Zélande, Florian Vermeersch se montre habile dans les bordures. « J’ai passé toute la journée à l’avant. Il y avait des groupes partout. Finalement, on sprinte pour la victoire et je nous vois encore à quatre de front passer la ligne. Jonas Castrique avait enlevé la mise tandis que je faisais 4e. » Une course dont il se souvient encore d’une petit anecdote. « J’ai dû directement aller aux toilettes après avoir passé la ligne. »  Au Kersenronde à Mierlo, il se rapproche encore un peu plus de la victoire en prenant la 2e place. « C’était une course rapide, dénué de difficultés. Finalement, un groupe sort et je suis battu par Maarten Kooistra. »  Quinze jours plus tard à Bassenge, il décroche un nouveau Top 10. En finissant 7e, il s’emparait pour la première fois de la tunique jaune de leader. « C’était juste après les examens. Il faisait très chaud. Il y avait une bosse très raide juste à 2-3 kilomètres de l’arrivée. Plusieurs coureurs ont réussi à sortir et finalement, je suis revenu trop tard sur eux, mais la consolation était le maillot jaune. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que j’ai pensé jouer le général. »

SA DERNIERE VICTOIRE DANS UN SPRINT MASSIF

Un maillot qu’il perdra directement après l’Omloop Het Nieuwsblad U23 où il se classait 26e en ayant joué la carte de l’équipe. « Ward Vanhoof avait attaqué et nous avions décidé de contrer toutes les attaques derrière. Ensuite, j’ai roulé pour lancer Arne Marit au sprint qu’il a remporté, nous octroyant ainsi un joli doublé sur cette épreuve de prestige. »  La réaction ne se fit pas trop attendre. Lors du chrono de l’Internationaal Beloftenweekend, il déclaissait la concurrence sur les 15 kilomètres autour de Hulst. « C’était une distance idéale sur un parcours plat. C’est d’ailleurs lors de cette année que j’ai remporté mes deux derniers chronos. Quelques semaines plus tard, je gagnais le Championnat de Flandre Orientale de contre-la-montre. »

Le lendemain, l’ancien spécialiste des labourés était moins à la fête. Lors de l’étape en ligne, il se faisait piéger sur le parcours truffé de secteurs pavés. Il terminait dans le peloton à 1’30”, perdant toute l’avance acquise lors du chrono. Il terminait 8e des deux jours. Néanmoins, ça a lui permis de se rapprocher au classement général des U23 Road Series, n’ayant que trois points de retard sur Jordi Meeus, au départ de la dernière joute au Grand Prix Albert Fauville. Intrinsinquèment plus rapide que son rival, le coureur de SEG Racing partait avec les faveurs des pronostics et pourtant, c’est bien le pensionnaire de Lotto-Soudal qui s’imposait ce jour-là. « C’est d’ailleurs le dernier sprint massif que j’ai remporté. Les gens ne le savent pas mais après une course difficile, je suis assez rapide. Il y avait une bosse à trois kilomètres de l’arrivée qui avait écrémé le peloton et étant en pleine bourre, j’avais confiance pour le sprint. C’était une période où tout me réussissait. Je venais de remporter le titre de Champion de Belgique à Habay-la-Neuve. La chance m’a sourit car Jordi Meeus terminait 4e et du coup, j’ai pu lui subtiliser la tunique jaune. »

Un succès qui a permis de convaincre l’équipe-mère de le signer chez les pros. « 11 victoires dont un titre de Champion de Belgique et les U23 Road Series. La saison 2019 a été la confirmation que j’avais effectué le bon choix de me tourner sur la route. » Depuis lors, il a fait un bon bout de chemin. Dès ces débuts pros, il se classait 4e de la Brussels Cycling Classic et 13e de Gand-Wevelgem. En 2021, il réalisait l’exploit de terminer 2e de Paris-Roubaix. L’an dernier, il levait les bras à l’Antwerp Port Epic. Pour 2023, son objectif est simple : gagner une course. « Peu importe où, de préférence un gros morceau. Je ne suis pas exigeant, juste avoir cette sensation de victoire. » Pour conclure, Florian Vermeersch tient à encourager les participants de cette 4e édition : « Les U23 Road Series ne sont peut-être pas des courses UCI, mais elles vous apprennent le métier, à courir de manière tactique, à développer la culture de la gagne et à défendre un maillot distinctif. C’est une belle école. Ce n’est pas pour rien qu’on retrouve des jolis noms au palmarès. »