Jens Moens, vainqueur de la Coupe de Belgique Elite 2 & U23 en 2018 : « L’un des moments les plus beaux de ma carrière »

Petit regard dans le rétroviseur de la Coupe de Belgique. Coup de loupe sur l'édition 2018 remportée par Jens Moens qui revient sur l'un des moments les plus forts de sa carrière. Il revient pour Belgian Cycling sur ce succès. « Ça reste l'un des plus beaux moments de ma carrière. C'est un aboutissement. J'ai fait une année pleine. J'ai également fait 2e au Championnat de Belgique derrière Stijn De Bock. J'ai construit ma victoire en prenant beaucoup de points au début. C'est la clé pour viser un général. »

Tu démarres donc à bloc la compétition. 2e à Schoten et vainqueur chez toi à Wieze-Lebbeke.

A Schoten, Pieter Jacobs a démarré de l’autre côté de la route. J’étais bloqué. Je n’ai pas su réagir à temps. Derrière, je gagne le sprint du peloton, un résultat rassurant avant d’arriver dans mon jardin. J’étais en grande forme. La journée n’était pas amusante car tout le monde me surveillait. A chaque fois que je démarrais, j’avais quelqu’un sur le porte-bagage. J’ai hésité à sprinter moi-même pour une place d’honneur pour le classement général de la Coupe de Belgique mais je savais que je n’allais pas remporter le sprint massif. En fait, je ne me sentais pas super bien. Dans les derniers kilomètres, j’ai vu Jonathan Breyne sortir du peloton. Un coéquipier m’a dit d’y aller car normalement je m’étais dit que j’allais rouler pour notre sprinteur Tom Timmermans. Je suis sorti. C’était tout ou rien. J’ai directement creusé un bel écart. J’ai rattrapé Jonathan Breyne et j’ai  embrayé. Il ne fallait pas hésiter car le peloton n’était pas loin. J’ai tenté le tout pour le tout. Ça a marché. Ma journée est parfaite. Je prends la tête du classement général.  Mon père est l’organisateur de la course et je gagne la course. Ça reste la meilleure journée de ma carrière. J’étais en larmes en passant la ligne car j’ai fait beaucoup pour arriver en forme sur ma course.

 

A Boutersem, tu n’étais pas aussi bien. Tu finis 37e. Une course remportée par l’ancien pro Jonathan Breyne.

Je ne me sentais pas super bien. Mon coéquipier Stijn Siemons était dans l’échappée. Donc, nous ne devions pas assumer la poursuite. J’ai évité de justesse une grosse chute. Malheureusement, ma roue arrière a été touchée. Dans l’avant-dernier tour, j’ai eu une crevaison. J’ai été dépanné par Stijn Siemons. A ce moment-là, tout était parfait. Nous avions le maillot jaune et le blanc du meilleur jeune avec Tom Timmermans.

 

A Perwez, tu retrouves les avant-postes et tu prends la 7e place.

Après une longue côte, il y avait un passage assez dégagé. Je savais qu’en étirant le peloton à ce moment-là, ça casserait. Ça s’est déroulé exactement comme ça. La situation dans l’échappée était intéressante pour le classement de la Coupe de Belgique. Je n’ai pas bénéficié de libertés dans ce groupe à cause de mon maillot distinctif. J’aurais bien voulu attaquer sur un passage difficile, mais ça n’a pas fonctionné. La priorité était de garder le maillot, même si je n’aurais pas dit non à la victoire. La Coupe de Belgique est devenu un objectif pour moi. J’ai prévu de participer à toutes les manches restantes.

« PARFOIS, POUR GAGNER, IL FAUT CALCULER »

Il reste trois manches et il apparaît clair que Han Devos deviennne ton rival numéro un et il va te donner du fil à retordre au Mémorial Letêcheur que tu conclus à la 15e place.
C’était une journée difficile. Je souffrais de la chaleur. J’étais trop court pour suivre les meilleurs. J’ai cru que j’allais perdre le maillot. Heureusement, je rattrape deux concurrents dans la montée d’arrivée. Sinon, je perdais le maillot. J’ai encore trois points d’avance sur Han Devos à ce moment-là

 

Après un status-quo à Rummen, tu entames la dernière manche à Momignies avec sept points d’avance sur Han Devos. Le duel va tourner court car le scénario va tourner en ta faveur.

Je n’étais pas dans un bon jour car ma sœur s’était mariée deux jours auparavant. Je n’avais pas encore récupéré de la fête. Nous avons pris la bonne décision tactique avec l’équipe en laissant partir une trentaine d’hommes à l’avant. Nous savions que les points étaient pour eux. Il fallait ensuite contrôler et veiller à ce qu’ils restent à l’avant.  Après cinq tours, lorsque je savais que la victoire était acquise, je suis resté dans les roues. C’était de l’anti-course, mais je devais le faire. Le maillot était alors acquis pour moi. Parfois, pour gagner, il faut calculer.

MILAN VANLOVE, UN CANDIDAT AU MAILLOT BLANC

Depuis cette folle année 2018, comment ça se passe pour toi ? Tu es toujours chez Van Eyck Sport Josan-TLD-Express.

Maintenant, je travaille. Les résultats ont été moins présents les dernières saisons. J’ai encore gagné des courses régionales, mais sur les plus grosses épreuves, c’est plus difficile. La Coupe de Belgique n’est plus une priorité car je l’ai déjà en poche. Si l’occasion se représente, pourquoi pas ? Je n’ai aucune pression. Je pars du principe qu’il n’est pas nécessaire de changer d’équipe quand tu te sens bien dans ton environnement actuel. Jan Deschuyvaer est une crème de directeur sportif. Il ne gueule jamais. Il fait figure de papa pour nous et moi, je deviens capitaine de route pour les plus jeunes.

 

Quelles sont les ambitions de ton équipe pour cette édition 2023 ? Qui sont les rivaux ?

Nos hommes forts Tom Timmermans et Stijn Siemoens sont tous les deux à l’infirmerie. Tom Timmermans s’est cassé une vertèbre à l’entrainement et Stijn Siemoens s’est fracturé le poignet à Amay. Du coup, je vois bien Milan Vanlove chez nous. Il est Espoir 2. Il aurait pu aller dans une plus grosse équipe, mais il préfère grandir petit à petit. Il sera l’un des prétendants au maillot blanc de meilleur jeune. Sinon, en ce qui concerne la concurrence, l’équipe Shifting Gears n’est pas là. Donc, pas d’Elias Van Breussegem et de Wesley Van Dyck. Deux rivaux en moins. Pas de trace de la formation de Gaspard Van Peteghem. Pas de Guillaume Seye et de Jérôme Baugnies. Je crois que le collectif le plus fort sera celui de WT Decock-Van Eyck-Van Mossel Devos Capoen avec Jens Vandenbogaerde, Niels De Rooze ou encore Maxime Farazijn, c’est du costaud. Si cette équipe joue la Coupe de Belgique à fond, ça sera dur de rivaliser.